Zadigacité et sérendipité innovationnelle

 
1954. André Fauchille (Delespaul-Havez) invente le CaramBar
 

CaramBar
Des barres de caramel

L'histoire
Début des années 1950. Les écoliers se retrouvent sevrés de chocolat, il faut leur faire découvrir autre chose. La recherche de nouveaux produits s'engage avec des techniques " marketing " révolutionnaires pour l'époque.
Georges Fauchille, alors directeur commercial de Delespaul-Havez se souvient : " En accord avec les instituteurs, j'ai réuni des panels d'enfants - les premiers en France - avec parfois jusqu'à cent participants, pour déterminer quels étaient leurs goûts en matière de friandises. C'est ainsi qu'on s'est aperçu qu'ils en avaient assez des sucettes achetées par leurs mamans. Ils souhaitaient un produit plus adulte et plus malléable. " Développer l'autonomie de l'enfant, lui permettre de glisser dans sa poche une gourmandise prête à étre " mâchouillée ", étirée, tordue dans tous les sens. Et ce, au moment de son choix. Voilà l'une des clés du succès.
Le moment légendaire de sérendipité
1954. Une machine se dérègle.
La réalité
André Fauchille a alors l'idée de créer une friandise tout en longueur — 6,2 cm pour 10 g — au savant mélange de caramel et de chocolat pour le modeste prix de cinq centimes de franc. Une nouveauté qui ne doit rien à la légende selon laquelle l'idée de mélanger caramel et chocolat aurait pour origine un surplus de tourteaux de cacao dont il fallait se débarrasser. Pourtant, la légende colle au Carambar autant que celui-ci colle aux dents. Georges Fauchille réfute : « Il ne s'agissait pas d'écouler les stocks excédentaires. La clientèle étrangère nous les achetait sans difficulté. Non ! La recette du Carambar répond à une politique commerciale bien déterminée. »
Sa forme en barre serait le fait du dérèglement d'une machine ? Non. Là encore, la réalité est tout autre : « Nous disposions de machines qui façonnaient des petits caramels à grande vitesse, six cents à la minute. Il nous fallait les adapter pour fabriquer des caramels plus longs. Le directeur technique de l'usine, Augustin Gallois, a réussi cette prouesse », rectifie Georges Fauchille.
Historia, n° 707 du 1er nov. 2005, « Carambar. De l'or en barre », sous la plume d'Éric Pintas.
L'exploitation

1969. Les blagues http://blague.carambar.free.fr/
Aujourd'hui : un milliard de CaramBar par an.
180 salariés.
Mondelez International, activité snack de Kraft Food.

Les leçons à en tirer


©2013 Jean-Louis Swiners
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