Zadigacité et sérendipité innovationnelle

1492. Christophe Colomb découvre l'Amérique.
(La couronne d'Espagne et un consortium de banquiers).
Le meilleur et le pire exemple possible de sérendipité.


Cipango  
Christophe Colomb

Cipango (le Japon).
L'ïle la plus à l'est des Indes Orientales

 

Cipango (le Japon) par l'Ouest ! à 3. 700 km de là et sept semaines de navigation.
Statue de Bartholdi à Providence


L'histoire

400 av. J.C. Aristote évalue la circonférence de la Terre que l'on sait ronde depuis Pythagore à 60.000 km — voire à 74.000 km.
200 av. J.-C. Ératosthène — astronome — calcule la circonférence de la Terre par des mesures géodésiques : 40.000 km.
150 av. J.-C. Ouverture officielle de la Route de la soie Chine-Europe par les Chinois.
Elle est doublée d'une route des épices, maritime dans l'Océan Indien.
80. Carte de Ptolémée. La Terre est ronde. Sa circonférence est de 30.000 km. L'Europe et l'Asie mesurent 20.000 km. De l'autre côté de la Terre, les mers occupent 10.000 km.
1298. Marco Polo publie (en français, la langue de culture d'alors) son Livre des Merveilles du Monde. récit de son séjour en Chine (Cathay) par la Route de la soie avec retour par la Route des épices.
Il baptise « Indias » (au pluriel) l'Asie du sud et du sud-est située à l'est de l'Indus, traduit par « les Indes » et en anglais « Indies ». « Les Indes » englobent pour lui Cathay (la Chine du Nord), Mangi (la Chine du sud), Cipango (le Japon), Java et les Îles aux épices (Les Moluques).
1402. Les Canaries sont occupées par la Castille (Espagne).
1453. Les Turcs prennent Constantinople et coupent la Route de la soie
1450. Le moine-cartographe vénitien Fra Mauro réalise pour le roi du Portugal, un gigantesque planisphère circulaire de 2 m de diamètre 1.500 pixels, 2.245 pixels.
1474. Paolo Toscanelli, cartographe florentin, publie un carte du monde qui pour la premère fois indique les latitude et surtout les longitudes. Il réfute le calcul d'Ératosthène et, faisant l'erreur de confondre le mille nautique de 1.854 m avec le mille romain de 1.524 m, attribue à la Terre une circonférence de seulement 30.000 km, ce qui change tout. L'Atlantique.

Toscanelli   Ptolémée
Carte de Paolo Toscanelli, 1474.
Elle indique pour la première fois les longitudes et les latitudes
1480. Reconstitution de la carte de Ptolémée
(80 ap. J.-C.) indiquant les longitudes

1477-1482. Trois éditions de la carte de Ptolémée datant de 80 ap. J.-C. qui correspondait à une circonférence de 33.000 km.
1480. Christophe Colomb, 30 ans, lit et annote le récit de voyage de Marco Polo et sa description des « Indes » (orientales) (la Chine et le Japon)
1482. Christophe Colomb sur la foi des calculs et de la carte de Toscanelli a l'idée de passer par l'ouest
1484. Dias, portugais, concurrent des Espagnol, découvre le Cap de Bonne espérance. Porte de la route des « Indes » (orientales) par l'Est est ouverte aux Portugais.
1490. Le génois Christophe Colomb  lui propose à l'Espagne de passer par l'autre côté, par l'Ouest.
1491. Des informations concernant le globe terrestre de Martin Behaim, cartographe allemand au service des Portugais, mettant Cipango (ile la plus l'Est des Indes orientales, à environ 1.000 km de la Chine) à 3.700 km des Canaries le conforte dans son propos.
1491. Il réussit à convaincre le roi et la reine d'Espagne et un syndicat de banquiers génois résidant à Séville de la possibilité de traverser l'Océan Atlantique
1492. Colomb, 41 ans, appareille de Palos via les Canaries pour Cipango (le Japon), un voyage — pense-t-il — de 3.700 km et 7 semaines pour lequel il a équipé spécialement ses deux caravelles (qui n'ont à l'origine qu'une autonomie de 1.500 km) et une caraque d'accompagnement, trois bateaux construits pour naviger en Méditerranée.

Le moment raté de sérendipité
1492. 12 octobre. Deux heures du matin. Un matelot de la … Rodrigo de Triana aperçoit une terre.
Christophe Colomb prétend l'avoir vu en premier. Il découvre une île qu'il croit être Cipango (le Japon) et qui est en fait San Salvador dans les Caraïbes.
Il patrouille dans les Caraïbes et ne veut pas admettre — quoi ? — qu'il s'est trompé
Il mourra en 1506 en refusant toujours de l'admettre
.
Routes de la soie et des épices   Voyages de Marco Polo  
Indes
La route de la soie et la route des épices allant jusqu'aux Moluques
 
1298. Voyages de Marco Polo
(Mangi, Cathay, Cipango, etc.)
 
Ce que l'on appelait les « Indes » (orientales)
(la carte a été dessinée beaucoup plus tard)
Marco Polo notes
  Toscanelli   Toscanelli original    
Le Livre des Merveilles en latin de Marco Polo abondamment annoté par Christophe Colomb.
Paolo Toscanelli
La carte de Toscanelli, 1474
Martin Behaim  
Globe hemisphère Est
  Behaim globe Cipango  
Martin Behaim
Son globe, 1491.
L'hémisphère oriental (Est)
L'hémisphère occidental (Ouest).
À gauche : Cathay (la Chine)
et Cipango (le Japon)
 
L'hémisphère Maritime.
Une erreur de 12.000 km
Erreur de Colomb
Vision du monde de Christophe Colomb.
Le Japon (Cipango), la plus à l'Est des iles des Indes orientales, n'est qu'à 3.700 km des Canaries. C'est jouable.

Carte Toscanelli   Rodrigo de Triana   San Salvador  
Cathay droit devant
La route prévue pour Cipango (le Japon)
Rodrigo de Triano :
« Tiera ! »
 
San Salvador
Pour Colomb, il est à Cipango (au Japon) et Cathay (la Chine) est simplement un peu plus loin
L'exploitation

1493-1496. 2e voyage. Explore les Caraïbes
1497.
Jean (John) Cabot, partant de Bristol, cherchant un passage vers les Indes Orientales par l'Ouest pour le compte du roi d'Angleterre, découvre Terre-Neuve.
1498, Le portugais Vasco da Gama double le cap de Bonne Espérance, croise dans l'Océan Indien et arrive en Inde à Calicut. La route des Indes Orientales par la voie maritime est ouverte.
1498-1500. 3e voyage. Saint-Domingue. Touche terre au Vénézélua sans s'attarder. Il est mis aux fers avec ses 2 frères.
1499. Le florentin Amerigo Vespuci, pilote, au service de l'Espagne, découvre la Guyane, l'embouchure de l'Amazone, descend jusqu'en Patagonie et pressent qu'il s'agit d'un nouveau continent.
1500. Pedro Cabral, 36 ans, portugais, à la tête d'une expédition de 13 bateaux et 1.500 hommes, jouant sur une imprécision du Traité d'Algésiras, qui n'avait pas prévu que le nouveau continent puisse s'étendre au sud si près de l'Afrique, prend possession du Brésil au nom du roi du Portugal.
1502-1504. 4e voyage. Le Honduras, Panama, sans beaucoup de conviction. Reste persuadé que Cuba est Mangi, la Chine du Nord. Fiasco. Il est forcé d'échouer ses bateaux.
1506. Mort de Christophe Colomb.
1506. Découverte de Terre-Neuve.

La réfection des cartes du monde

1507. Sous l'impulsion de Vautrin Lud, chanoine du monastère de Saint-Dié (dans les Vosges), le moine cartographe allemand Martin Waldseemüller dessine un gigantesque planisphère de 2,3 m sur 1,3 en 12 feuilles en projection cordiforme. Il y attribue (à tort, admettra-il plus tard) la découverte de l'Amérique à Vespucci en baptisant « AMERICA » l'Amérique du Sud. C'est le premier à concevoir l'existence d'un nouveau continent. Le planisphère est imprimée à 1.000 exemplaires.

Waldseemüller jeune
  Waldseemüller chanoine   Carte de Waldseemuller   America    

Martin Waldseemüller
moine à Fribourg

Martin Waldseemüller
chanoine
à Saint-Dié-les-Vosges
1507. Le planisphère de Waldseemüller.
Bibliothèque du Congrès
Première utilisation d'une projection cordiforme.
Sur les trois feuilles de gauche, un nouveau continent.
Cipango est tout à fait en haut à droite.
 
Sur la feuille en bas à gauche
AMERICA !
(pour l'Amérique du Sud)

1511. Les Portugais s'emparent du port de Malacca en Malaisie et entendent parler de Cinpago (le Japon) décrit par Marco Polo.
1513. Vasco Nuñez de Balboa (Espagne) traverse l'isthme de Panama et découvre visuellement l'océan Pacifique : preuve que Colomb a tort.
1513. Découverte de la Floride.
1516. Les Portugais atteignent les îles indonésiennes puis la Chine (le Cathay de Marco Polo)
1517. Découverte de l'actuel Mexique par les Espagnols. L'empire Aztèque compte 25 millions d'habitants.
1520. L'Espagnol Magellan découvre le détroit qui porte son nom et ce qu'il reste de sa flotte — une caraque sur les 5 — réalise le premier tour du monde. Il prend possession des Philippines et atteint les Moluques — L'Îles des Épices — réalisant enfin, trente après lui, le projet de Christophe Colomb.

La carte du monde de Schöner
1520. La carte du cartographe allemand réputé Johann Schöner, continue de sous-estimer gravement la distance entre l'Europe et l'Asie et la largeur du Pacifique. Cipango est situé pour lui au large de la (future) Californie

1521. Découverte des Philippines par Fernand de Magellan, pour le compte de l'Espagne.
1524. Giovanni Verazzano — au service de François Ier — découvre la baie de New York. Il pense que l'Amérique septentrionale est séparée de l'Amérique méridionale par un détroit, idée qui perdurera pendant un demi-siècle.
1526-1527. Deux expéditions espagnoles atteignent les Indes orientales par la route de l'Est (détroit de Magellan et océan Pacifique) et démontrent que ce n'est pas économiquement viable. Les Espagnols se retirent du jeu laissant le commerce aux Portugais par la voie traditionnelle (cap de Bonne Espérance et Océan Indien).
1534. Cartier découvre le Saint-Laurent.
1542. Les Portugais atteignent enfin le Japon (Cipango) par (l'Ouest).
1584. Près de cent ans après la découverte des Caraïbes, début de la colonisation des futurs États-Unis en commencant par la Virginie.
1770. La Californie.

Les leçons à en tirer

• Il est très difficile de se représenter comment Christophe Colomb se représentait la terre et comment ses interlocuteurs, le roi et la reine d'Espagne et leurs conseillers, se la représentaient.
Nous sommes imprégnés de la planisphère en projection Mercator et nous avons depuis peu Google Earth.
Les premières cartes ne représentaient qu'un hémisphère — l'hémisphère Est — non pas que la Terre fut plate, elle était ronde, mais parce que l'hémisphère ouest — celui de l'autre côté de la Terre — n'était constitué que d'eau et que c'était donc inutile.

Hécatée de Milet
La conception du monde
des Grecs (Hecatée de Milet)
Sphéroïde aplatie
  Galet  
Potiron
  Boules de fort
Sphéroïde aplatie
 
Galet de massage
 
Potiron
Boule de fort

Les gens disaient que la Terre était ronde mais en leur for intérieur ou quand on leur demandait de la dessiner la voyaient comme une sphéroïde aplatie, un pouf, un gros galet, un potiron, une citrouille ,une meule de fromage ou une boule de fort (pour faire prévaloir son point de vue, Christophe Colomb avait bien utilisé un oeuf).
La boule de fort permet d'illustrer la contradiction fondamentale.
L'hémisphère oriental était sur le dessus de cette sphéroïde et le futur hémishère occidental était en dessous.
La découverte d'un archipel — les Caraïbes — au milieu de l'océan de l'hémisphère Ouest amènent les cartographes à représenter les deux hémisphères et à dessiner des mappemondes qui représentent les deux hémisphères côte à côte.

Persistance de l'erreur consistant à placer le Japon près de la Californie ou à sous-estimer la taille du Pacifique
Globe Cathay Californie  
SchönerSchöner
  Maris Pacifici 1587
1491. Le globe de Martin Benhaim.
   
Maris Pacifici, Abraham Ortelius, 1587
L'hémisphère Ouest pour Johan Schöner en 1520, l'année où Magellan contourne le Brésil par le sud en direction des Moluques (à l'Est de Java Major).
Cipango (le Japon) est au milieu de la carte, à proximité des côtes ouest de l'Amérique du Nord. L'Espagne est tout en haut à droite.
La recherche d'un système de représentation du monde. Le monde en projection cordiforme
Cordiforme  
Apianus
  Fine 1531   Bonne
1514. Oronce Fine
AMERICA
1520. Petrus Apianus
1531. Oronce Fine
2001. Google Earth

En 1569, le flamand Gerard Mercator invente la projection qui porte son nom et qui permet de représenter toute la Terre sur un planisphère. Ce sont les cartes du monde auxquelles nous sommes habitués. Mais à son époque il ne s'attaque pas à l'autre côté.
Il faudra attendre 1700 pour avoir une visualisation correcte de la Terre.
• 1587. Rumold Mercator, fils de Gerard Mercator, cartographe allemand. Près de cent ans après la découverte de Christophe Colomb et soixante- dix ans après Magellan, toujours fausse : pas de Pacifique
• 1589. Abraham Orterius. Cartographe allemand
1605. Découverte de l'Australie par les Hollandais.
• 1700. Guillaume Delisle. Cartographe français. Paris fait les meilleures cartes du monde. Une mappe-monde à laquelle il ne manque que l'Australie et l'Alaska.

Mercator 1587   Orterius 1589   Delisle
1587. Mercator fils. Une mappe-monde.
Deux hémisphères. Pas de Pacifique
1589. Abraham Orterius. Un planisphère. Une des premières visualisations de la Terre.
1700. Guillaume Delisle.
Une mappe-monde. Deux hémisphères.
Le Pacifique est enfin en place.

• 1761. Mappemonde de Jean-Baptiste Danville . Tout est là. la Californie, l'Alaska et l'Australie. Il aura fallu près de trois siècles pour exploiter cartographiquement la découverte.

• Christophe Colomb aura échoué dans son projet.
Il nous lègue la route maritime à double-sens de l'Atlantique nord.

• Et si Christophe n'avait pas découvert l'Amérique en 1492 ? Elle aurait été découverte tôt ou tard.

• Tout tourne autour de la circonférence de la Terre et de la largeur de l'Océan Atlantique.
Chistophe Colomb— un marin et qui ne croit qu'aux cartes — fait siennes les thèses de Ptolémée, Toscanelli et Waldseemüller — trois cartographes qui donnent 30.000 km pour circonférence, de préférence aux calculs d'Eratosthène de Cyrène — un astronome — qui donnaient 39.000 km.
L'Océan Atlantique ne mesure alors qu'environ 3.000 km, ce qui est énorme mais réalisable.

Océan Pacifique
Indes
Orientales
Cipango <——————————— 12. 400 km —————————————> Canaries
Monde Occidental

Le challenge de Christophe Colomb
Son challenge : convaincre ses interlocuteurs que pour aller vers l'est, il faut aller vers l'ouest, ce qui est inimaginable.
Un peu de carto-fiction ou d'uchronie. Imaginons l'inimaginable. Faisons un brain-washing, un lavage de cerveau. Oublions les cartes que nous connaissons. Oublions Google Earth. Mais imaginons que Christophe Colomb dispose dès 1490 du planisphère de Waldseemüller (dont une reproduction photographique grandeur nature se trouve en bonne place au musée Pierre Noël de Saint-Dié-les-Vosges
). La projection cordéiforme parait aujourd'hui folklorique, mais c'était la meilleure solution que les meilleurs cartographes de l'époque avaient trouvée alors pour représenter la Terre avant l'invention soixante ans plus tard par le cartographe flamand Gérard Mercator de la projection qui porte son non.

Waldseemüller
Waldseemüller
Au musée Pierre-Noël de Saint-Dié-les-Vosges, le planisphère de Waldseemüller, une reproduction grandeur nature
de l'original de la librairie du Congrès de Washington,
À gauche de celui-ci, les fuseaux vendus avec, pour coller sur un globe de 20 cm de diamètre

Face à ce planisphère, il lui faut expliquer que pour aller à Cipango, dans le coin supérieur droit du planisphère, premère escale avant la Chine, le meilleur chemin est la direction des Caraïbes, plein ouest à la latitude 30, dans le coin supérieur gauche. Heureusement que sa carte était fausse ! Sinon, il ne serait jamais parti.

La découverte de l'Amérique est-elle oui ou non de la sérendipité ?
Pour Royston Roberts (Serendipity. Accidental Discoveries in Science, p. 4-5), non. Pas de sagacité. Pas d'exploitation.
Mais …
– Pour Pek van Andel & Danièle Bourcier, c'est un exemple de sérendipité authentique, de découverte accidentelle suite à un accident totalement inattendu — qu'ils ne précisent pas.
– Pour Marie-Noëlle Charles (Ces petits hasards qui bouleversent la science) c'est un exemple parfait de sérendipité.
– Pour Dominique Goy-Blanquet (Serendipity : suite anglaise, Louis de Mailly, p. 213), c'est l'exemple le plus saisissant
.
– Pour Jean-Yves Germain, Accents M-RH, c'est sur le plan pédagogique qu'il tient la découverte de l'Amérique pour le meilleur cas de sérendipité

  1 - Christophe Colomb a trouvé quelque chose qu'il ne cherchait pas, en cherchant autre chose (c'est une définition de la sérendipité)
  2 - Une erreur tient une place importante dans cette découverte (intérêt pédagogique : porter attention aux erreurs)
– Pour Denis Grozdanovitch, c'est — à côté de la découverte de la loi de la gravitation par Newton et celle de la tarte Tatin par Stéphanie Tatin— un des trois cas de sérendipité les plus célèbres.
– Pour Umberto Eco, c'est le grand exemple d'une erreur qui conduit à la vérité ce qui l'amène à définir la sérendipité comme un méchanisme qui, mais laissons le parler :
« Je veux montrer comment un nombre d'idées que nous tenons pour fausses aujourd'hui ont changé le monde (quelques fois pour le meilleur, quelques fois pour le pire) et comment, dans le meilleur des cas, des croyances erronées et des découvertes totalement sans crédibilité peuvent conduire à la découverte de quelque chose de vrai (ou au minimum de quelque chose que nous tenons aujourd'hui pour vrai). Dans le domaine des sciences, ce mécanisme est connu comme étant de la sérendipité. Un excellent exemple nous en est donné par Christophe Colomb qui — croyant qu'il pouvait atteindre les Indes Orientales en navigant vers l'Ouest — découvrit en fait l'Amérique qu'il n'avait pas l'intention de découvrir. » Umberto Eco, Serendipities, Orion Books, 1999, préface, p. ix-x.
– Pour Dean Keith Simonton, c'est un de ses cinq exemples type de sérendipité, celle d'une découverte inattendue.
– Pour Sylviane dans Edutech.wiki , c'est un quatre meilleurs exemples
« La découverte de l’Amérique par Christophe Colomb est un bel exemple de découverte accidentelle : c’est en cherchant une route une route plus courte pour atteindre les Indes orientales qu’il découvrit l’Amérique et ramènera les preuves de l’existence d’un nouveau continent. »
– 
Pour Béatrice Giraudeau, Sculpter sa vie, c'est l'exemple.


Si la sérendipité n'était — pour reprendre une définition du Wiktionnaire — que le « fait de trouver tout autre chose que ce que l'on cherchait », la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb serait un bon exemple de sérendipité. Il cherchait une route maritime pour aller au Japon (Cipango), en Chine (Cathay) et aux Indes en partant vers l'Ouest. Il trouve les Antilles. Mais la sérendipité n'est pas que cela. C'est bien l'art de trouver — par erreur (et l'erreur de Colomb était énorme), par accident ou par maladresse — autre chose que ce que l'on cherche mais, de plus, de comprendre par sagacité, l'importance de ce que l'on à trouvé. Et là, Christophe Colomb n'a pas compris. Pire, il a refusé de comprendre. Cécité intellectuelle qui empêche cette découverte fortuite d'un archipel — les Caraïbes — d'être de la sérendipité. Aucune abduction.

Hasard sans sagacité n'est pas sérendipité.
Par ailleurs, beaucoup de chance. Il évite le calme plat et les cyclones.
Prodigieux marin.
Mauvaise exploitation. Christophe Colomb se révèle être un très mauvais gestionnaire.

©2014 Jean-Louis Swiners
Dernières modifications de la page : le 26 juin 2014 à 10h00
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